BRIEFLY — Trois morts, un cas confirmé, cinq autres suspects. C'est le bilan provisoire à bord du MV Hondius, un navire de croisière reliant le sud de l'Argentine au Cap-Vert. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) soupçonne une contamination par hantavirus après que plusieurs passagers ont développé un syndrome respiratoire aigu. Un autre passager, testé positif, est actuellement hospitalisé en Afrique du Sud. Le navire transportait 150 personnes.
Voici ce que l'on sait.
C'est quoi exactement un hantavirus ?
Il n'en existe pas un seul, mais plusieurs. Les hantavirus se divisent en deux grandes familles géographiques. Ceux de l'ancien monde, qui circulent en Europe et en Asie, et ceux du nouveau monde, présents sur le continent américain. Cette distinction est importante car elle détermine le type de maladie provoquée. Les souches européennes attaquent principalement les reins, tandis que les souches américaines provoquent des atteintes cardio-pulmonaires, souvent bien plus graves.
En France métropolitaine, les cas sont réguliers — environ 200 par an— avec une mortalité très faible, autour de 0,5 %. Mais la situation est radicalement différente ailleurs.
En Guyane, un épisode récent a fait six morts sur onze cas humains. En Asie, le bilan sur trente ans dépasse les 50 000 décès. Et le continent américain fait face à une menace croissante.
On ne sait pas encore quelle souche circule à bord du MV Hondius. Mais au regard de la mortalité observée, les autorités sanitaires penchent pour une forme du nouveau monde.
Comment attrape-t-on un hantavirus ?
Le virus ne se transmet pas par contact entre humains dans la grande majorité des cas. Il vient des rongeurs : campagnols, mulots, musaraignes. La contamination se fait principalement par inhalation de poussières ou de particules contaminées par l'urine ou les déjections de ces animaux.
Les situations à risque sont connues : travailler en forêt, manipuler du bois, séjourner dans une maison de campagne fréquentée par des rongeurs. Les règles de protection sont simples — porter des gants, mettre un masque, veiller à la dératisation des lieux — mais encore trop souvent ignorées.
La question qui intrigue les experts dans cette affaire est précisément celle-là :
“comment une contamination de cette ampleur a-t-elle pu se produire à bord d'un navire ?”
La transmission interhumaine reste exceptionnelle, mais elle n'est pas totalement exclue. L'enquête épidémiologique est en cours.
Existe-t-il un traitement ?
Non, il n'existe pas de traitement spécifique ayant prouvé son efficacité contre les hantavirus, en particulier dans les formes cardio-pulmonaires graves. Des essais ont été menés avec des antiviraux comme la ribavirine, sans résultats concluants.
Ce qu'il faut retenir
Il n'y a pas lieu de paniquer. Le hantavirus ne se transmet pas comme une grippe. Mais l'épisode du MV Hondius rappelle que ce virus, peu connu du grand public, peut frapper fort lorsqu'il s'agit des souches américaines. Les autorités sanitaires suivent de près l'évolution de la situation à bord et parmi les passagers débarqués.



